30/08/2006

de Lambeaux

" Pourquoi avez-vous labouré le mal ? "
( Charles Juliet : Lambeaux -P.O.L. )

23/08/2006

Glaneurs


Fripés dans leurs toilettes -atours de paille des mauvais jours

Place de la République rendue à la circulation

Adossés aux bas-reliefs en bronze au pied de la statue dans l’axe longitudinale (1789, 1880)

Couchant devant l’urne du suffrage universel (Egalité -drapeau tricolore, une équerre à niveau
Fraternité -attributs agricoles, enfants en train de lire
)

De la Marseilleise coulaient encore des sangs impurs qu’abreuvaient nos sillons

Au Soleil Levant, bar-brasserie, nous commandions en hâte
- On se rendait au café-philo


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J'épluche la nacre des étoiles

Un regard de lune béant vers moi





"Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence."
(Christian Bobin : L’Inespérée)
Et quand le ciel affecté nous impose son grand nettoyage
Pluies battantes entre les cils de l’estuaire où l’orage a rabattu l’immensité des golfes
Gorges livrées aux batailles

Les eaux vomissent la mémoire de nos caves -souvenances incertaines -adhésions obsolètes

Le temps est en son désastre ce que mon cœur appréhendé des temps de paix veut ignorer de l’absence des vagues
Le silence
C’est quand des parenthèses font de tes rêves un jour de moins dans le défilé raisonnable et sobre des agendas

Le silence : la minute qui nous soulage
Révélant aux hommes leur aptitude à s’unir encore pour les hommages

Les hommes
Sympathisants des aubes qui se lèvent

La lumière : rayons de certitudes blafardes -crépusculaires
Elle aspire la cire ancienne des regards encastrés dont on ne comptait plus que les méchancetés

-L’éclaircie de vos silences rend aux humbles leur empreinte en ce monde
Vous allez
Leur repêchant depuis les mots simples accrochés à l'hameçon de vos radeaux
La preuve de leur existence

Dans l'étroite cellule des prisons ils tournent les pages d’un recueil au Temps qu’il fait Lettres vives ou Fata Morgana

Et la lecture désarme

Et la vitre-frontière essuie les tirs hallucinés des mille pinceaux de vos palettes

Vitre-étendage de cristal

Sous le châssis des émotions tu frappes et balaies le givre séculaire dans la minute
De silence


podcast
Renan Luce : Lacrymal circus

" Vous seriez loin de votre vie. Comme toujours, n'est-ce pas : un état ordinaire, banal. Le corps irait tout seul vers l'abîme, avec l'élan acquis de l'âge. Et sous la fraîcheur du sang, une faiblesse, une cendre. Une nostalgie : l'âme. Malade, oui. Sans doute : malade. Le vrai nom de la maladie, ce serait l'enfance. Comme telle, inguérissable. (...) " Souveraineté du vide" : Christian Bobin (folio, 1995).


Comme les marées balaient ce qui précède !

Comme les mémoires enchâssent de si larges absences !

Comme chaque matin défait le précédent !


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mouchoirs rendus au vent des fenêtres
nettoyer l’espace de nos rêves.



>Commentaires

beau blog bien soigné qui presente des trouvailles en texte et en musique. C'est un plaisir de rencontrer de la qualité et de l'originalité, je le signale sur le forum grain de sel ici

http://grain-de-sel.cultureforum.net/viewtopic.forum?p=15934#15934

Ecrit par : rotko | 24.08.2006

Sur le thème du glanage, penser au très beau film d'Agnès Varda,
C'est toujours un plaisir de voir un film d'Agnès Varda. Elle interroge le quotidien, en fait sortir la poésie, l'humour, et elle filme les gens avec tendresse.

A partir du tableau de Millet, les glaneurs, elle fait préciser ce qu'est le glanage : la récuperation sur le sol des restes non commercialisables, qu'il s'agisse d'épis de blé ou de pommes de terre oubliées. Le grapillage, c'est vertical : grappes de raisin ou fruits.

Est-ce bien légal ? mais parfaitement, et des propriétaires jouent le jeu. D'autres , non. On voit aussi les récupérateurs ! les laissés -pour-compte de la société, ils se nourrissent ainsi. Il y aussi de doux rêveurs, des contestataires de la consommation, des fouilleurs de poubelles, par besoin, pour l'art etc...

Eventail des pratiques, galerie de personnages.

Il en résulte un film de rencontres et de trouvailles, léger, humoristique, chaleureux aussi. Agnes Varda communique à ses films le charme de sa personnalité.

Ecrit par : rotko | 24.08.2006



Merci d'être passé par là Rotko : et un petit caillou ;-)
Mais oui, j'ai pensé au film d'Agnès Varda. Et à son tournage "deux ans après" ou : Que sont devenus les Glaneurs et la glaneuse-cinéaste, glaneuse d'images et d'émotions.

Me souviens de cet homme se nourrissant de légumes abandonnés sur le marché et du pain complet de la veille ramassé gare Montparnasse. Chercheur ou chimiste, il donne bénévolement des cours d'alphabétisation dans un foyer de la Sonacotra.

N'hésitez pas à glaner et à grapiller! La BIBLE l'autorise ainsi que le code Napoléon...

Ecrit par : Babelle | 24.08.2006

embusqué

Bâtisseurs blues
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L’armée renforce sa présence au nord, au sud.
Les prévisions terrestres de Meteoconsult.fr affiche 31°C sur Beyrouth avec un vent faible et des rafales à 20 Km/h. "Ensoleillé, sans précipitation".
La qualité de l’air, la vitesse du vent, c’était compter hors des normales saisonnières. Au soir d’ici le matin là-bas s’achève à peine.

La haine éjecta, de l’un de mes regards sur ce monde, son premier missile.
Mes soldats de plomb torturaient aux frontières.
Les coups prenaient racine sur l’émail blanche de toute latitude.
Mes mains –hier encore tournant les pages, se couvraient d’un sang qui n’était pas le mien.

Toute musique éteinte. Interruption des caresses.

Je jetais les enfants dans les chaudrons bouillonnant des sorcières, j’exhumais les rancœurs séculaires, j’assommais les passants (les pauvres, les vieux, les plus faibles), je brûlais les livres, je creusais des tranchées, j’égorgeais, je pillais, je rendais monsieur Linh et sa petite fille à des ré embarcations de fortune, des diarrhées de mots indéclinables la veille sortaient des encyclopédies léchées par les flammes.
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Ecrit par : Bab | 22.07.2006

Montez!

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Char à blanc
auto-moteur blindé désarmé sur chenille

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podcast

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♥ Février-mars au matin. Neige.

Il a souvent neigé dans les tiroirs des coiffeuses en bois de rose offrant à l'étincelle des poussières nos bijoux de papier
Les soleils d'hiver aux midis de plume ont altéré le grain des miroirs

Comment préserver le timbre de vos voix tandis que d'invisibles artificiers font tournoyer encore de tels jets de lumière

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Ta main reposait déjà sur les genoux du monde
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La tour bienveillante des ombres sacrées se profilait entre mes pas
J'avançais vers des savoirs de soie
Cristal des miroirs
D'où naissait l'hortensia


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Dans les plis bleus de toutes les fêtes ils vous regardaient
Coudes et mentons adossés à leurs drames
On se dépassait en souriant sous vos étoiles


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Puis les nids des arbres regorgeaient de chocolats Pâques avait caché des pièges rieurs dans leur panier

Les enfants couraient dans vos allées


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Février-mars coiffant de même neige et de même silence un autre matin
Rendit au pas la semelle de vos marches croisées
Vous alliez d'avant-garde effacer sur l'ardoise la poussière des chemins
De chaque versant Des vents conjoints
Vos mains iraient se mêler sous les châles blancs
Tant de repos dans l'enluminure de vos regards qu'aucun bouquet ne saurait dire
Le lit des rivières y couche l'ancre précise où je démarre


podcast

-à Max et Mina- La Valse (Tiersen)

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Masques au jardin

Des galets rendus aux creux des sables. Des pas coulés sur la toile éphémère et ridée des rivages.

Panachées, drapées, lithochromées -indigo mauve prune aux coeur de noisette, levant les yeux au ciel.
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Et d'autres carminées avec
cette étrangeté dans le pétale
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Regards

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Ecume-collerette plus modeste
souriant aux oiseaux
de passage.

♥ C'était l'année Mozart...

Les vents de nuit pour se venger avaient gelé les rivières dans nos veines

Nous restions muets rassemblés sur la seule berge
Tandis que des bras s'allongeaient encore
Plus faiblement qu'au matin

On n'avait pas même enseigner aux enfants à compter sur leurs doigts
Et tandis qu'on recherchait les coupables mièvres de ces trente dernières années
Les plus atteints
Accrochant leurs textos appauvris au ciel dépouillé de leurs écrans de marque
Ne trouvaient pas la sortie de secours malgré la signalisation
(on avait oublié aussi de leur apprendre à lire)

Il y eut donc d'innombrables noyades

Les souris optiques sans fil ne glissaient plus sur nos tapis Pixifot personnalisables à septeurosquatrevingtquinzeseulement
Les pique-niques en famille avaient chuté de 60% depuis les années 80, les jeux de cartes entre copains diminué de moitié se lamentait Boase à travers l'enquête "The Strenght of Internet Ties"
Les moteurs de recherche aussi se faisaient la guerre
Les présidentiables présidentiaient tandis qu'il nous fallait lutter contre les infections nosocomiales
La vieille coque du Clemenceau expirait sous l'amiante

Après les prières
Le ventre repus des ferry recrachait un millier d'hommes en Mer rouge

Sur le lac Victoria les orphelins suçaient les arrêtes des perches du Nil qui avaient séché sous le soleil noir de Tanzanie
Les aviateurs russes déchargeaient leurs armes sitôt acheminées vers le Sud

Les victimes enviaient le sort des victimes reconnues tandis que de nouveaux crimes se perpétuaient en direct

On bâtissait des murs de bêton
On acheminait d'autres armes dans les sous-sols exangües
On piétinait des drapeaux
On faisait la chasse aux dessinateurs
Des cinéastes tombaient sous les balles
On n'entrouvrait les frontières qu'aux plus riches

On avait oublié un Antonio Lobo Antunes dans un wagon restaurant du TGV Paris Lyon mais personne n'avait envie de jouer au bookcrossing
Une dépêche annonçait avec solennité que les iris jaunes et les roseaux pourraient recycler
nos eaux polluées
Une autre que Pluton allait perdre son neuvième rang à la classification du système solaire supplantée par Ub313 dont le diamètre semblait nettement plus massif
Les plus bêtes nous disaient en souriant Quoi vous n'avez pas lu le dernier Houellebecq
Benabar avait enfin trouvé ses allumettes et chantait L'Italien

Des archéologues
Penchés dans nos allées
Cueillaient sous la poussière de leurs pinceaux la trace de nos pas
La buée de nos larmes
Les débris de nos désirs d'idéaux
Et l'on se demandait combien il faudrait de temps aux historiens pour parler enfin correctement de ce temps-là

Alors

Nous restions muets rassemblés sur la seule berge
Relisant de mémoire les rides qui marquaient les mains de nos ascendants sur des chemins tracés et travaillés pour nous
Le temps d'écrire cela des doigts se dressaient encore hors de l'eau

Les vents de nuit pour se venger avaient gelé les rivières dans nos veines



podcast

22/08/2006

*

« ce vertige
à voir la soif
ne susciter
que désert »

« si tu n'as pas
vécu la séparation
comme une hémorragie »

« si les mots
n'ont pas
séché
sur tes lèvres »
http://www.tchangodei.com/p-poemes.htm

Mimétique

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Toujours
Tu prends le chemin le plus court
Les tirs de roquettes ont semé des embûches sur le trajet du matin -ça tombe bien (en ces temps de paix)

Le soir aussi -au retour
Sous le ciel plombé de la certitude du risque -d’un quelque ensevelissement (bienvenu pour tes empêchements)
Jusqu’au bunker qui abrite tes rêves
Tu prends le chemin le plus court et le moins audacieux

Les années d’apnée ne t’avaient donné que le goût d’échapper

Au printemps tu prends la couleur du printemps
Elaguant cousant palissant semant dans les couloirs

Sous la bienveillance de l’aube

Etonnée d’être
Encore

Ligneuse et vivace -liée au sol par les racines premières -le vent malgré tout m’emporte -aussi loin que je me souvienne mon écorce est perméable -ce qui sème en moi méprise et confusion -je suis l’âge la rosée le sel –végétale, apparentée au revenir

Des soucis qui ne pèsent pas lourd -de l’oranger asteraceae devant les portes-fenêtres

Il pleut tu prends la couleur de la pluie (la pluie, tu lui rends son bruissement de lin froissé sur le matin)

Il neige tes pas prennent des blancheurs de page sur les étendoirs de midi

Peut-être que les mots n’ont pas d’écaille

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