31/10/2006

Le ravissement de sa parole


podcast

medium_1er_novembre_060_43_.jpg
"Les paysans s'étaient un peu étonnés. D'abord parce que depuis des millénaires que la mer envahissait la plaine..."

medium_soleil_arbre_002.jpg
"Mais la marée de juillet monta à l'assaut de la plaine et noya la récolte. Croyant qu'elle n'avait été victime que d'une armée particulièrement forte, et malgré les gens de la plaine qui tentaient de la dissuader, l'année d'après la mère recommença. La mer monta encore..."

medium_soleil_arbre_006.jpg
"Puis, en juillet, la mer était monté comme d'habitude à l'assaut de la plaine. Les barrages n'étaient pas assez puissants. Ils avaient été rongés par les crabes nains des rizières. En une nuit, ils s'effondrèrent."
medium_soleil_arbre_005.jpg

medium_4_nov_001.jpg

medium_4_nov_005.jpg

medium_4_2_nov_002.jpg

medium_4_2_nov_003.jpg

06/10/2006

Lanterne magique : ombre et lumière

sur un air de> Gaston Couté (un gâs qu'a mal tourné) : "Le Petit qui pleure" ♫♫

podcast






Les perles du matin qui fendillent la croûte de vos souliers sous le pas naissant des automnes.
L’habillage blafard des chaussées livrées aux premiers froids.
La surimpression des sépias, fondu encahiné, plaques de lanterne, camera obscura.
La colle des timbres restée sur la langue, facteur-dépêches-toi-l'amour-n'attend-pas.
L’Harmonium pendu dans la cour des grands.
L’évadé de la tour qui chancelle entre les créneaux de son petit monde et la vue qu’il a gagné sur la mer.
La mer, engloutisseuse de la chair des marins, rejeteuse d'accastillages sur la joue des fossiles.
Les femmes de marin, amours piégés dans les échos rendus des vents, leurs songes vendus à la criée entre deux marées hautes.
Empennage rompu des stukas gisant encore au fond de la mer Egée.
Traffic démantelé des addictions à l’encadrure des lassitudes.
Démineurs des pensées intimes. Emondeurs de poèmes. Patrouilleurs désarmés.
Effileurs de mèches au front de mer. Effleureurs d’opacités, capteurs des réseaux.
Matins de neige fidèles aux tout premiers matins de neige.
Oeillade écarquillée des orphelins, au quartier d'orange des noëls.
Pain perdu, boudoir blanc-rose qui pétille dans le champagne, boîtàcoco.
Fêtes galantes, La Bonne chanson, Romances sans paroles.
Astrolabe géant sur le dos des observatoires.
Hassan Massoudi, calligraphe à Bagdad.
Des cils sur l'édredon.
Plumetis humides des taffetas coincés dans l’œil des géants à la jetée des ports d’armes.
La fin de mois qui reste à faire, ces effeuillés de poireaux dans le filet des grand-mères.
Et la mineuse des feuilles d’Allium, les déballeurs d'insecticides et la nappe phréatique.
Et la suspension des jardins à l’orgue de Jehan Alain.
Et le marché aux oiseaux, l’idiotisme du marchand de sable, nos pensées qui tremblaient à la fermeture des lumières et l’odeur de cire du cosy chataigne où se sont encastrés nos rêves.
Et l'habilleuse, le souffleur et le machiniste, la déchireuse de coupon, la soubrette et l'avaleur de sabres.
Et tous ceux, tous ceux qui sont restés figés dans le décor et tous ceux qui n'ont jamais su que la guerre était finie.