06/10/2006
Lanterne magique : ombre et lumière
sur un air de> Gaston Couté (un gâs qu'a mal tourné) : "Le Petit qui pleure" ♫♫

Les perles du matin qui fendillent la croûte de vos souliers sous le pas naissant des automnes.
L’habillage blafard des chaussées livrées aux premiers froids.
La surimpression des sépias, fondu encahiné, plaques de lanterne, camera obscura.
La colle des timbres restée sur la langue, facteur-dépêches-toi-l'amour-n'attend-pas.
L’Harmonium pendu dans la cour des grands.
L’évadé de la tour qui chancelle entre les créneaux de son petit monde et la vue qu’il a gagné sur la mer.
La mer, engloutisseuse de la chair des marins, rejeteuse d'accastillages sur la joue des fossiles.
Les femmes de marin, amours piégés dans les échos rendus des vents, leurs songes vendus à la criée entre deux marées hautes.
Empennage rompu des stukas gisant encore au fond de la mer Egée.
Traffic démantelé des addictions à l’encadrure des lassitudes.
Démineurs des pensées intimes. Emondeurs de poèmes. Patrouilleurs désarmés.
Effileurs de mèches au front de mer. Effleureurs d’opacités, capteurs des réseaux.
Matins de neige fidèles aux tout premiers matins de neige.
Oeillade écarquillée des orphelins, au quartier d'orange des noëls.
Pain perdu, boudoir blanc-rose qui pétille dans le champagne, boîtàcoco.
Fêtes galantes, La Bonne chanson, Romances sans paroles.
Astrolabe géant sur le dos des observatoires.
Hassan Massoudi, calligraphe à Bagdad.
Des cils sur l'édredon.
Plumetis humides des taffetas coincés dans l’œil des géants à la jetée des ports d’armes.
La fin de mois qui reste à faire, ces effeuillés de poireaux dans le filet des grand-mères.
Et la mineuse des feuilles d’Allium, les déballeurs d'insecticides et la nappe phréatique.
Et la suspension des jardins à l’orgue de Jehan Alain.
Et le marché aux oiseaux, l’idiotisme du marchand de sable, nos pensées qui tremblaient à la fermeture des lumières et l’odeur de cire du cosy chataigne où se sont encastrés nos rêves.
Et l'habilleuse, le souffleur et le machiniste, la déchireuse de coupon, la soubrette et l'avaleur de sabres.
Et tous ceux, tous ceux qui sont restés figés dans le décor et tous ceux qui n'ont jamais su que la guerre était finie.
19:45 Publié dans incitation poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture
21/09/2006
Tirez sur le fil !








Une aube avorte aux prémisses du matin
Sable ensemencé de paupières à la gerçure des vents
Trop tôt
Pour te défaire du crépuscule pâli de tes veillées
Les serveuses de bar enveloppent de leurs dernières fatigues la croix tendue sur le porte manteau de ta nuit
Petite baie de crinoline la lune en ébriété t’invite
Tu sais qu’au vrai matin
Rompue
Elle aura tourné le coin de la rue
Comme d’habitude
Elle aura honte comme d’habitude
Mais rien n’empêche la parenthèse de suspendre le néant à sa minute
Sur le cadran comateux des dortoirs de mémoire
Ici
On s’étonne des mille éclats de la ville dans une si petite flaque
Ici on s’étonne qu'il soit déjà presque demain et qu'il faille
Qu'il faille déjà
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Laisses passer les étoiles
20:30 Publié dans incitation poétique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poesie, blog