20/05/2007
Chemin montant dans les hautes herbes. Renoir
Chemin montant dans les hautes herbes
(1872-75)
Un chemin où les enfants de Gonzague pourraient courir en tête, entraînés par leur tante.
Irène pourrait bien courir entre les herbes hautes, oui, entraînant les enfants.
Parce que c’est assez indécent.
Courir oui, parce qu’elle est pressée : elle ne fait que passer.
Monsieur Ladmiral, qui savait « attraper la ressemblance » sur chacune de ses toiles, observe depuis l’ombre du tilleul sous lequel on l’a convenablement mis à l’abri pour la sieste.
Il perçoit les éclats de la première cavalcade qui descend des hautes herbes.
Il attend, dans un semblant de sommeil qui n’est à la mi-journée que ce que la presque pénombre de ses désirs est à son cadran personnel (sans aucun remord mais avec ses préférences), il attend que ces murmures achèvent de le rejoindre dans le feu d’artifice en arc-de-voix qu'il préfère au reste d'un dimanche sans surprise.
Car la jeunesse dont il est nostalgique descend vers lui.
Il n’a que faire du couple à l’ombrelle qui semblait avoir pris de l’avance, en haut de la côte, en lui tournant le dos, car ce n’est plus dans ce sens-là qu’il voit les choses, monsieur Ladmiral.
Il a renversé la pente pour faire glisser vers lui les taches rouges des coquelicots, le chapeau d’Irène et le signe qu’elle lui adresse.
Il a toujours préféré Irène, qui « fait gicler les cailloux ».
Renoir, Tavernier, le sens du chemin... ne sont que prétexte.
18:15 Publié dans incitation poétique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : peinture

